Sala de espera

« Si l’on bâtissait la maison du bonheur,
la plus grande pièce en serait la salle d’attente »

Cette citation de Jules Renard me suit depuis des années. Et avant hier, en lisant sur le mur de la salle d’attente de la clinique « Sala de espera », j’ai repensé à cette citation.
Je me suis dit aussi que la traduction espagnole était belle et poétique,  et qu’à ce moment précis, ces 3 mots prenaient tout leur sens.

Me voilà donc revenue de mon expédition expresse. Dans l’ensemble, ça s’est bien passé.  Le voyage et l’organisation du séjour, nickel, aucun souci, je suis allée faire des courses en arrivant le mercredi après-midi dans le centre commercial à une station de métro de l’hôtel. Salades composées, sandwiches, fruits, yaourts et boissons que j’ai pu stocker dans le mini-bar de ma chambre.

Jeudi matin, à 10 heures, je me rends à la clinique à pied (à quinze minutes de marche de l’hôtel) pour une séance d’acupuncture.

L’acupuncteur, d’origine asiatique, commence son jeu de fléchettes, 3 aiguilles dans le crâne (je les compte car je crains les piqûres), puis dans les poignets, dans les jambes,  les chevilles, les pieds…
Au bout de quelques minutes, avant même qu’il aie fini de poser les aiguilles, je commence à avoir des sueurs froides, une sensation de gros malaise qui prend de l’ampleur. Il arrête tout et la coordinatrice m’amène de l’eau, des biscuits, du sucre. Elle me traduit que ce doit être une crise d’hypoglycémie, mais je pense que l’appréhension et la tension accumulée jusqu’ici y sont aussi pour beaucoup.
Grâce à leurs soins attentifs, je reprends mes esprits et la séance se poursuit avec l’auriculothérapie. Pour  terminer, il fait une séance d’acupression sur tous les points stimulés. Je ressors de là hyper détendue et plus légère.
Il me reste 40 minutes à patienter dans la salle d’attente avant le transfert. Je suis bien, je pense à la citation de Jules Renard et je bois de l’eau mais pas trop !!!

Puis la coordinatrice vient me chercher et me conduit vers le laboratoire. Une fois « habillée » et installée, le biologiste vient me faire un compte-rendu des heures précédentes.
Ce que j’appréhendais ne tarde pas à arriver… Les 2 embryons qu’ils ont dévitrifiés la veille n’ont pas survécu. Bon, je me dis que c’est normal,  ça arrive et on est plus à une mauvaise surprise près…
Ils ont donc dû en décongeler 2 autres. Le biologiste me montre un enregistrement sur lequel il me détaille les embryons qui vont être transférés. L’un est au stade de blastocyste, donc à un développement normal et l’autre à 8 cellules, présente un retard de développement,  « mais il peut encore évoluer ». Bon, si vous le dites ! Il me dit qu’ils ont pratiqué sur la membrane des 2 embryons une petite incision permettant une meilleure accroche (l’éclosion assistée).
Et c’est parti… Je suis contente de retrouver la gynécologue que nous avions rencontré lors de notre premier rendez-vous, elle est très gentille, décontractée et attentionnée. Le transfert se passe dans les meilleures conditions possibles, je suis détendue, c’est rapide et j’ai le sourire en voyant apparaître sur l’écran de contrôle 2 toutes petites tâches blanches, une légèrement plus grande que l’autre. Cette image reste gravée dans mon esprit, elle m’aide à réaliser qu’à ce moment précis en tout cas… j’étais enceinte !
Si je le suis encore, je n’en sais rien. On le saura le 22 septembre !

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4 commentaires pour Sala de espera

  1. PMAtomic dit :

    Esperar: attendre, espérer…
    Comme j’aime l’image de Jules Renard. Salle d’attente, salle d’espoir. Car l’espoir c’est la perspective du bonheur, et la perspective du bonheur c’est déjà le bonheur.
    Je te souhaite de tout cœur cet état de grâce et bienvenues à tes 2 petites poussières d’espoir.

    • loLo dit :

      Oui la perspective du bonheur, c’est ça… ça ne veut pas dire que je passe à côté de tous les autres bonheurs, car j’ai appris malgré tout à être heureuse en attendant, mais celui-là est tellement grand !…

  2. irouwen dit :

    Trop émue pour écrire tout de suite quelque chose.
    La gorge serrée par l’émotion.
    C’est beau, mais en même temps tellement désespérant………..
    Aucune prise sur la suite de cet événement si beau. Et ça c’est dur.
    Je ne devrais pas parler de désespérance, dans cette salle de l’espoir.
    Mais je connais trop les émotions qui nous portent, qui nous traversent dans ce chemin.
    Très belle photo, superbe image.
    Je pense fort à toi.

    • loLo dit :

      Oh tu me serres le coeur… Tes mots sont si justes, je sais que tu comprends exactement ce que je ressens. Je suis vraiment pressée de te voir partir à ton tour et revenir avec le souvenir de si beaux moments, et surtout avec 2 petites lueurs d’espoir. Crois-moi, je ne sais pas par quel réflexe de survie, on reprend confiance. Il faut continuer à croire que ça peut marcher même si c’est douloureux, même si ça nous parait impossible…
      Quand à la photo, elle doit te rappeler quelque chose, non ?… car c’est une des photos que tu avais prise en RT et publiée sur ton blog qui m’a inspirée !

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