La passerelle

Je ne sais pas comment écrire cet article, ça devient compliqué de venir alimenter ce blog qui tourne en rond, indéfiniment.

Ce que je sais c’est que je suis entre 2 mondes. Je m’éloigne progressivement de celui dans lequel je me débats en vain depuis des années.

Ce nouvel échec m’a permis d’oser mettre un pied sur la passerelle qui sépare le monde de la maternité de celui de la non-maternité. Avec le désir de fuir en courant celui qui me garde indéfiniment dans l’espoir d’une maternité inaccessible.

Petit à petit, je m’approche de ce monde tellement redouté, celui qu’on vit à 2, sans enfant. Et j’ai envie, besoin de m’y sentir mieux. Je voudrais franchir la barrière qui me parait encore trop haute,  pour rejoindre celles qui ne reviendront plus en arrière. Celles qui ressentent la même injustice, qui souffrent de la même absence, mais qui assument leur décision d’avoir enfin lâché prise.

Pour l’instant, je ne peux pas. Déjà, nous devons aller chercher les 2 embryons qu’il reste en république tchèque. Pour ne rien regretter (si on peut dire ne rien regretter… qui sait ce que seront nos regrets ?). On a décidé qu’ils nous attendront encore quelques mois.
On retournera à Brno après l’hiver, peut-être au mois d’avril ou en mai, il parait que c’est le mois le plus agréable pour se promener dans les rues de Prague.

D’ici là, je serai sans doute moins présente par ici et aussi sur la blogosphère. Je me sens en décalage, même avec vous mes copines de galères, celles qui espèrent encore, celles qui qui s’accrochent à leurs rêves. Je lis ici et là des louanges sur le don d’ovocytes, et ça me déchire le cœur. Parce que pour nous qui avons largement essuyé les plâtres, le don est un échec. Le don a anéanti tous les espoirs qu’il avait fait renaitre et auxquels nous étions si viscéralement accrochés.  Je sais que c’est un succès pour beaucoup d’entre vous, comme la FIV ou l’insémination l’ont été pour d’autres. Mais pour nous, le don et même le double don ne nous laissent que des cicatrices profondes et le goût amer de chacun de nos espoirs déçus…

Mais je refuse de me laisser ronger par l’amertume, la vie est courte, et nous devons nous  l’inventer plus douce. Se mettre à l’abri et panser nos plaies, c’est tout ce que nous pouvons faire.

Je n’ai pas repris rendez-vous avec Croquette, il n’y a plus aucune urgence. Et encore moins l’envie. Reviendra t-elle, rien n’est moins sûr.
Voilà les dernières nouvelles.

Je vous sais tout près de moi, de nous… et je vous remercie encore et encore, votre présence attentive et fidèle sur ce blog, votre soutien sont un immense réconfort.
Je vous souhaite de bonnes fêtes, heureuses, entourées des personnes qui vous sont précieuses.

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Cet article a été publié dans Et la vie dans tout ça ?, Humeurs et pensées, Parcours PMA. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

12 commentaires pour La passerelle

  1. Je suis très touchée par ton billet. Je suis infiniment désolée pour tous ces deuils qu’il vous a fallu/ qu’il vous faut encore faire et, même s’il reste toujours un petit espoir, je trouve cela très beau que vous envisagiez de vous construire et de vous épanouir sans enfant. C’est quelque chose que je suis en train d’apprendre à faire, et ça me fait beaucoup de bien, même si pour moi cela peut sembler plus facile, parce que je n’ai pas encore entamé le parcours de don. Ce que me dit ma psy, c’est que nous devons envisager la possibilité que cela ne marche pas, et en me disant cela, elle me dit que la vie vaut la peine d’être vécue, même sans enfant. Avant j’étais incapable de le concevoir, mais maintenant je sais qu’elle a raison. Notre vie est précieuse, nous sommes précieuses, même sans enfant, et il y a beaucoup de choses que nous pouvons faire pour nous réaliser et être heureuses. Je te souhaite de trouver le chemin de l’apaisement et te souhaite de très bonnes fêtes en attendant de tes nouvelles en 2014.

  2. monpetitoeuf dit :

    Lolo, je te trouve tellement forte. La vie ne se résume certainement pas à une conception, il y a tellement d’autres plaisir mais je pense difficile à voir quand on a la tête dans le guidon . Prends le temps, Pensez à vous, à toi. Je t’embrasse très fort et passes de douces fêtes entourés des gens que tu aimes, et de ceux qui t’aime parce que tu es toi avec ou sans bébé.

  3. lilli dit :

    Plein de bisous magiques de réconfort, pense à toi et à ton homme.Que ces fêtes t’apportent un peu de joie entre tes proche.

  4. Lulu dit :

    Le don est loin d’être la solution miracle, malheureusement.
    J’y pense tous les jours à cela et aurais tellement souhaité que cette avant-dernière tentative soit la bonne pour vous.
    Même si tu n’y crois plus (et je comprends et conçois tellement, mais alors tellement…), il reste quand même cette dernière tentative.
    Je te serre fort dans mes bras, ma loLo.

  5. Chriswal dit :

    Quel billet touchant.
    Nous sommes tous différents et réagissons de manière différente, alors prends du temps pour toit et agis comme bon te semble, tu n’as pas à te justifier de ton absence ou non, de tes choix.
    Passez de bonnes fêtes.

  6. Je te comprends et suis en train, pour l’instant avec effroi, de réfléchir à l’après. Sans l’imaginer, sans oser imaginer les autres déchirures qu’il peut engendrer, l’avenir sans enfant mais même pas à deux, l’avenir non choisi, l’avenir de la double peine pour moi. Comme toi, je suis aussi moins présente sur mon blog et les autres, comme si quelque part tout cela devenait trop douloureux et irréel à la fois, l’impression de se battre sans arrêt depuis des années mais pour rien. Alors bien sûr, on ira au bout, toi des 2 embryons en RT, nous la suite mais avec l’horloge du temps qui rappelle cruellement que bientôt la nature nous mettra hors jeu (si ce n’est déjà fait!). Voila la PMA, le don, tout cela apparait encore beaucoup trop pour beaucoup de gens (ben t’as qu’à faire des FIV!) comme la solution miracle et implacable. Mais 50% d’entre nous repartent bredouilles et abîmés… Peut être que demain cela nous donnera une nouvelle force pour voir la vie autrement, peut être… En attendant, je pense bien fort à toi du fond de mon angoisse (bien cachée, j’imagine que pour bcp nous avons des vies passionnantes et libres!) de cet avenir incertain. Bises Apo

  7. fabienne dit :

    des pensees emues
    des pensees de soutien
    des pensees de reconfort
    je comprends chacun de tes mots, chacun de tes ressentis, tes doutes, ta fatigue, le besoin de te recentrer sur toi, ton couple, vos lendemains.

    je voulais te laisser ce commentaire aujourd hui
    meme si je suis loin de france, pas si loin….
    a qqs jours de ñoel
    te laisser ces qqs mots
    je t embrasse
    fabienne

  8. Lilas dit :

    Ton billet est très touchant. Il n’y a rien à ajouter.
    Je suis sûre que tu sauras trouver ta voie, peut être une autre voie que la maternité pour être heureuse…
    Je pense que cette pause est importante pour toi, pour ton couple. Le fait de prendre un peu de recul par rapport à la PMA vous fera le plus grand bien, vous aidera à prendre la meilleure des décisions.
    Je te souhaite beaucoup de bonheur car tu le mérites vraiment.
    Bises Lilas.

  9. Little Wife dit :

    Difficile de trouver les mots, voire impossible, je crois qu’il faut avoir traversé tes épreuves pour les trouver. En tout cas je t’envoie pleins de pensées et je souhaite sincèrement que cette pause vous fera du bien et que bientôt vous soyez comblés. Bises.

  10. Nat dit :

    Je sais qu aucun mot ne saura apaiser cette souffrance, país j’ose sentir l’espoir d’une reconstruction possible,autrement. Les filles ont trouvé les mots justes, rien a rajouter.
    Seulement te dire que je suis là, toujours,que je pense a toi,à vous.je vous souhaite des moments heureux entourés de ceux que vous aimez et entouré de cet amour qui vous uni si fort ton homme et toi.je t embrasse ❤

  11. lagrenouille dit :

    Chère Lolo,

    nous nous sommes rencontrées cette année en mars avec une chouette bande de pmettes. Tu n’étais pas loin de moi, nous avons discuté, tu as raconté ton parcours, ton blog. J’ai écouté avec admiration, je t’ai suivie ici depuis. J’ai espéré pour toi, tellement, tellement. Et, en fait, je continue d’espérer. Je sais que c’est peut-être vain et qu’il te faudra peut-être chercher un autre chemin pour trouver le sérénité mais je garde en moi l’image d’une femme courageuse et forte au sourire franc à qui l’avenir doit sourire. Forcément. Je pense à toi, à vous deux et te souhaite le meilleur à venir.

    Je t’embrasse,

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