Starbuck

Je viens de découvrir ce film, et j’ai une irrésistible envie de venir ici en parler.

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En gros le pitch, c’est l’histoire d’un pauvre gars un peu maladroit qui, plus jeune, a fait don de son sperme à plusieurs reprises pour des raisons financières. 20 ans plus tard, il apprend qu’il y a 533 enfants issus de ses dons et 142 d’entre eux veulent le rencontrer. Je ne vous en dis pas plus…, si vous pouvez, il faut voir ce film !…

Au départ c’est une comédie. Je me suis bien marrée ! Mais par moments, c’est hyper touchant, j’ai versé quelques larmes, non pas que ce soit triste, bien au contraire, mais ça me parle tellement… Certaines scènes dégagent une émotion bouleversante.

Mes enfants voudront peut-être partir à la recherche de celui et celle grâce à qui ils sont là aujourd’hui. Ils n’auront jamais la possibilité de les connaitre, s’ils le souhaitaient. Ca me rend triste… et je suis impuissante devant cet état de fait. Au quotidien, je n’y pense pas. Mes tout petits ne me ressemblent pas, ils n’ont pas mes traits en tout cas, ils n’ont pas mon sang, ni mon patrimoine génétique, mais je ne les aimerais pas plus si c’était le cas, tellement mon amour pour eux est déjà si grand.

Mais revenons à nos moutons… regardez ce film ! (dans sa version originale, québécoise).  Que vous soyez concerné ou non d’ailleurs, c’est une petite pépite !

 

 

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Premières bougies

Attention, post à la guimauve !!!

Mes tout-petits ont eu un an samedi. Un an ! c’est fou…

On a fêté ça en petit comité, avec mes beaux-parents et mon père, ma mère n’ayant pas pu faire le voyage, malheureusement.

Ca a été une super belle journée, je suis très contente car j’avais un peu le trac… je voulais que tout soit parfait pour que mes petits aient un bon souvenir de leur premier anniversaire (du moins en photo car c’est déjà oublié je pense !).

Mes beaux-parents se sont chargés du repas, et moi du dessert. J’avais fait pour les grands un tiramisu, et pour mes deux amours, une mini-charlotte à la compote de kaki. Chacun la sienne avec des ingrédients adaptés à leur âge, au moins ils ont pu se régaler !

bougies

J’ai été très émue de repenser à l’année dernière… la journée qui a précédé l’accouchement, depuis la rupture de la poche des eaux jusqu’à leur naissance le lendemain. Quand j’y pense… et dire que ça m’est arrivé à moi ! une chose si magnifique, deux petits bébés, les plus belles choses qui me soient arrivées !

Il s’en est passé des choses en un an… des moments inoubliables, des moments difficiles aussi…

Déjà la rencontre avec mes deux petits bouts, j’étais stupéfaite qu’un tel bonheur puisse m’arriver, j’étais bouleversée, complètement chamboulée. C’est difficile à décrire en fait tellement c’est fort.

Il y a eu mes tentatives pour les allaiter, j’y mettais tout mon coeur et toute mon énergie, malgré une montée de lait récalcitrante… finalement ça n’aura duré qu’une quinzaine de jours et j’ai été désespérée de ne pas y arriver ! En parallèle, les 3 premières semaines, ils étaient alimentés par sonde gastrique, (qu’ils retiraient sans arrêt !), car ils étaient trop petits pour s’alimenter tout seuls.

Il y a eu ce premier mois en néonat, pendant lequel je suis restée auprès d’eux le plus souvent possible. Les 15 premiers jours,  je dormais dans une chambre dans un autre bâtiment et les rejoignais dès que possible. On faisait beaucoup de peau à peau, leur papa nous rejoignait dès qu’il pouvait car il travaillait à mi-temps à ce moment-là. Puis quand ils ont pu être transférés, on a passé encore 15 jours dans la maternité de proximité, dans une chambre mère-enfant. Je me souviens de mes angoisses lorsque le petit coeur de Gabriel s’emballait (il souffrait d’arythmies cardiaques), et aussi mon désarroi quand je n’arrivais pas à calmer les pleurs de mon petit Léo la nuit (il avait souvent des coliques). J’étais désemparée, épuisée, je pensais que je n’y arriverais jamais…

Et puis on a rejoint le plus heureux des papas à la maison, au bout d’un mois. Je me suis installée sur un matelas dans leur chambre, je guettais s’ils respiraient bien la nuit. Et puis il y a eu cette bronchiolite, ils avaient à peine 2 mois… ils sont retournés en néonat, Léo a pu sortir au bout de 3 jours et Gabriel y est resté 15 jours, on allait le voir tous les jours, j’y restais toute la journée, lui donnait son bain, son biberon, assurais les soins, les aérosols… C’est là que nous avons découvert cette maudite laryngomalacie qui l’empêchait de respirer correctement. Enfin moi je le savais depuis longtemps que quelque chose ne tournait pas rond, il avait de grosses difficultés pour s’alimenter depuis toujours et personne ne voulait m’entendre ! c’est à cause du reflux me disait-on… Au final, il a fini par être admis en urgence à Necker (très bon hôpital !) et opéré dès le lendemain. Je me souviendrais toujours de mon tout petit qu’une infirmière m’enlevait des bras pour aller au bloc ! Et je suis restée encore 15 jours (ou 3 semaines ?) à son chevet, il dormait toute la journée dans mes bras, j’assurais ses soins, même la nuit… et mon Léo me manquait, comme il me manquait !!! je pleurais tous les jours d’en être séparée.

Quelques temps après l’opération, l’état de santé de Gabriel s’est enfin amélioré (petit à petit…) malgré les coliques et un reflux persistant…

Et puis les mois ont passé, j’ai profité de chaque jour à les dorloter, à jouer avec eux, à leur parler, à leur sourire, à les aimer chaque jour de plus en plus.

Il y a eu le premier sourire de mon Léo ! je m’en souviendrais toujours ! c’était magnifique ! et puis sa première dent…, le premier sourire de mon Gaby ! sa première dent… et puis leurs premiers éclats de rire, comme c’est beau ! indescriptiblement beau…

maindanslamainIl y a leur complicité que nous, parents, avons eu du mal à déceler les premiers mois, mais qui était bel et bien là.

Aujourd’hui, ils rient ensemble, ils se chipouillent, ils chahutent, se font mal parfois… mais je vois dans leur regard tant d’admiration l’un pour l’autre, tant d’amour !


Aujourd’hui, ils ne marchent pas encore tout seuls mais se déplacent (vite !) en s’agrippant partout où ils peuvent s’agripper, ils apprennent à une vitesse vertigineuse, ils sont fiers de pouvoir nous montrer leurs progrès, je peux lire dans leurs yeux et dans leurs sourires « regarde maman, je tiens debout », « regarde maman, j’ai réussi à me relever tout seul », et moi je fonds, avec leur papa on est comme deux gagas ébahis par chaque nouvelle petite chose qu’ils ne faisaient pas la veille. 

Toi qui me lis et qui souffre en silence, si tu as réussi à lire jusqu’ici… je te souhaite tellement, mais tellement de connaitre tout ça… accroche-toi, si tu en as la force, accroche-toi !

Il y a pas si longtemps, je lisais moi aussi les « premières fois » de mes anciennes copines de galère devenues mamans, et je pleurais, je souffrais tellement…

Aujourd’hui, je pleure de bonheur !… et mes tout-petits deviennent grands.

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Angoisse de la séparation

Je reprends le travail en janvier. Bim, ça plombe hein ?!

Plus que deux mois pour profiter de mes bébés. Vous allez dire elle est gonflée, ça fait bientôt 12 mois qu’elle en profite, de quoi elle se plaint ???

Mais j’angoisse à mort et je redoute ce mois de janvier…

Ils ont commencé la crèche début octobre, ils y vont une fois par semaine, on a pensé que ça leur permettrait de commencer en douceur. Et aussi ça me permet d’avoir une journée pour faire ce que je ne peux pas faire le reste du temps : du rangement, du ménage, des lessives supplémentaires… me reposer ! A partir de la semaine prochaine, ils iront deux fois par semaine, sur les conseils des puéricultrices qui pensent que c’est nécessaire à leur adaptation, et… à la mienne. Parce qu’à partir de janvier, ils iront 5 longues journées par semaine !!! au secours !… c’est le lot de beaucoup de bébés, et il faut bien un jour envisager de reprendre une vie « normale », mais dans ma tête et dans mon coeur, ça a beaucoup de mal à faire son chemin.

Hier, quand j’ai laissé mes tout-petits (ils sont encore si petits !) à la crèche, Léo a pleuré pendant que j’allais chercher Gabriel (je n’arrive pas à les porter tous les deux en même temps et la poussette doit rester dans l’entrée). Il a beaucoup plus de mal que son frère, il pleure souvent… il avait l’air si perdu quand je suis partie… Ca m’a brisé le coeur ! Je me suis effondrée dans la voiture après les avoir laissés. Douze mois que nous passons toutes nos journées et (quasiment toutes les nuits) une bonne partie de la nuit… ensemble. Quand je pense que bientôt nous n’aurons plus qu’une paire d’heures « à nous »…

Je redoute aussi la reprise du travail car, (pour ceux qui ont suivi !), j’ai pris un nouveau poste peu de temps (un mois je crois…) avant de tomber enceinte. Oui j’étais tellement persuadée que notre dernière tentative en RT ne marcherait pas que j’avais accepté la proposition d’un poste plus « intense » et beaucoup moins flexible que le précédent. Encore un mauvais coup du destin car le poste que j’occupais avant m’aurait permis sans aucun problème de travailler à 80 % alors que maintenant c’est compliqué : je suis seule sur ce poste, et quand je ne suis pas là je ne suis pas remplacée (sauf en cas d’absence prolongée). C’est pour cette raison que je n’avais pas fait ma demande de 80 %…. jusqu’à hier. Depuis plusieurs semaines, ça tournait dans ma tête, et puis je me suis dit qu’il valait mieux demander et obtenir un refus, plutôt que d’avoir des remords une fois le travail repris sans avoir au moins tenté le coup… Je ne suis pas du tout sûre que ma demande va être acceptée, mais au moins je n’aurai pas de regrets… et même si c’est accepté, ça ne le sera que sur une courte durée à cause des restrictions budgétaires.

Voilà, en d’autres termes, je pense que je vais avoir encore plus de mal que mes petits à reprendre la vie active. (Ca me fait sourire de dire ça parce que que ma vie n’a jamais aussi active que depuis ces 12 derniers mois !)

Je crains aussi le changement de rythme, car au delà de la fatigue accumulée par les nuits sans sommeil, le programme crèche/boulot/maison me parait irréalisable.

Et pourtant il faudra bien que tout le monde s’y fasse…

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Le baiser

Nous l’avons acheté en souvenir de notre dernier « voyage » en république tchèque.

Je n’ai pas pu retenir mon émotion quand mon homme m’a dit : « on le prend ? ». Comme une évidence, ce tableau nous appartient. Il nous appartient depuis longtemps.

Il nous a rappelé notre chambre d’hôtel à Prague, et tous ces endroits de Brno où les reproductions de Klimt s’exposent sous toutes les formes.

Mais c’est ce qu’il représente qui me touche le plus… enfin du moins ce qu’il représente pour moi.

Ce couple au bord du gouffre.

Elle, à genoux, les doigts tordus peut-être par l’inquiétude, et en même temps le visage en paix, accrochée à lui qui l’entoure de tout son amour et de sa protection.

Une grande douceur et une grande force émanent de ce tableau, et personnellement, j’y vois aussi quelque chose de désespéré que je ne saurais expliquer…

En tout cas, il trône depuis quelques jours dans notre salon, et le plus étonnant, c’est la réaction de Léo quand il l’a découvert ! Il l’a regardé et a sourit en l’observant pendant de longues minutes. Sans doute attiré par les couleurs vives et dorées, son visage s’est illuminé et une fois de plus, j’ai fondu…

Je vous parlerai d’eux, mes deux soleils, dans un prochain billet. Mais je voulais partager ce petit coup de coeur artistique, qui restera l’un des symboles de notre parcours en république tchèque.

La vie continue, les enfants (mes bébés !) grandissent, mais on n’oubliera jamais ces années passées au bord du gouffre.

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9 mois

Mes petits deviennent grands. C’est ce que je me dis à chaque fois que je range leurs vêtements trop petits, avec la nostalgie du temps qui passe…

Ils changent de jour en jour, ils sont beaux, gentils, sociables et drôles ! (En toute objectivité bien entendu !!!). Et ils ont tous les deux un sacré caractère, ils savent ce qu’ils veulent et ce qu’ils ne veulent pas.

Sur le plan médical, Gabriel va de mieux en mieux, malgré une digestion toujours aussi difficile, et des régurgitations régulières. Il a 2 petites quenottes ! Il adore se tourner d’un côté puis de l’autre, mais ne se déplace qu’en marche arrière ou sur place en faisant l’étoile. Il tient assis mais ne sait pas s’assoir tout seul et ce qu’il adore par dessus tout, c’est quand on le met debout. Il vient de découvrir comment faire des sons en frottant ses doigts contre ses lèvres, c’est rigolo.

Léo pète toujours la forme, mais demande plus d’attention que son frère. Il a 4 dents qui lui donnent un sourire trop craquant. Il vient de découvrir que c’est très rigolo de se laisser tomber sur ses fesses quand je le mets debout dans son parc. Il ne sait pas s’assoir tout seul mais il y travaille ! Par contre il rampe façon commando en tirant sur ses bras. Il aime beaucoup rire, fait des blaguounettes et adore quand papa ou maman font le clown.

Nous avons remarqué que Léo veut tout ce que Gabriel a entre les mains, ses jouets, ses livres, et s’il est sur mes genoux, Léo veut y aller aussi. Quand je les mets à jouer sur le tapis, Léo cherche à attraper son frère, à le toucher, mais il a tendance à le griffer ou à vouloir le mordre alors il faut avoir l’oeil. L’autre jour, nous les avons entendus rire ensemble au babyphone, ils s’étaient mis face à face dans leur lit (qui sont côte à côte), ils discutaient et rigolaient ensemble à travers les barreaux. Excellent !

J’aurais des pages et des pages à raconter mais je n’ai plus beaucoup de temps, non je n’ai plus de temps du tout en fait ! Mais je profites à fond de mes deux lascars car le temps passe trop vite !

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6 mois, notre première virée à la mer

Papa a offert un joli cadeau à maman, on est partis le jour de nos 6 mois… à la mer. Maman adore la mer, les marées, les plages à perte de vue, le sable, les coquillages, l’horizon, le soleil… Nous on aime bien dormir et se laisser promener, avec dans les oreilles le bruit des vagues.

imagePendant le voyage, on a été super sages, on a dormi presque tout le temps. Papa avait loué un tout petit appart dans une maison tout près de la plage. Pendant ce très court séjour, on a fait connaissance avec Louise et Gabriel, des bébés un peu plus grands que nous, enfin beaucoup plus grands, ils savent déjà faire du vélo ! Maman a été contente de revoir leur maman et de rencontrer leur papa.

imageMoi Léo, je mesure 70 cms, maman voudrait bien que j’arrête de grandir car elle voudrait que je reste son tout petit bébé. Mais elle est heureuse aussi car je l’étonne tous les jours un peu plus. Maintenant, je sais faire plein de choses, je discute pas mal mais quand il y a beaucoup de monde, je préfère laisser mon frère parler pour moi et rester dans mon coin. Depuis quelques jours, je sais éclater de rire, surtout quand je fais semblant de croquer les doigts de maman, elle adore ça, elle en pleure tout en rigolant tellement ça lui plait. J’ai un regard doux et malicieux, et papa et maman disent que j’ai des yeux magnifiques. Quand je souris, maman fond. Il parait que je suis très sage, je peux jouer longtemps tout seul. Sinon aujourd’hui j’ai mangé du poulet pour la première fois, je me suis régalé, j’ai même fini la part de Gabriel. J’adore les légumes aussi, c’est bien meilleur que le lait ! Le soir, quand c’est l’heure de dormir, je m’accroche à la main de maman ou de papa et je ne veux pas les lâcher… Je me réveille souvent la nuit, pourtant j’ai des doudous qui veillent sur moi. Maman et papa disent que j’ai besoin de contact, quand je bois le bib’, je serre leur doigt très fort. J’aime attraper la main de mon frère aussi et lui piquer son bavoir. On rigole bien tous les deux, on a un langage secret que papa et maman ne comprennent pas. Pourtant, ils passent des heures à nous observer…

Quant à moi, Gabriel, je suis presque aussi grand que mon frère mais je suis plus léger. Je suis très sociable, je rigole et papote avec tout le monde, même les gens que je n’ai jamais vus. Il faut dire que j’en bave comme dirait maman… Ce matin j’ai encore eu une prise de sang, ils m’ont piqué aux deux bras parce qu’ils m’ont loupé la première fois, j’ai beaucoup pleuré, mais maman dit que je suis courageux. imageDepuis mon opération, ça va un peu mieux quand même, mais je fais encore beaucoup de bruit en respirant et d’ailleurs les gens croient que j’ai une bronchite mais non, pas du tout. Il parait que je suis très curieux, je regarde partout, maman dit que je suis un ficanasse et une canaille. Je la fait rire. J’aime bien quand ils me font des bisous et ils m’en font beaucoup ! A mon frère aussi d’ailleurs ! Papa dit qu’on est heureux. Il parait que j’ai des mains de pianiste, des longs doigts fins et délicats, c’est papa qui serait content si je devenais musicien… Le soir souvent, après le bib’, je me retrouve assis à côté ou en face de mon frère et on discute, oui parce qu’on tient presque assis, sauf quand on bascule en avant ou en arrière. Mon frère, c’est le patron, il me pique tout le temps mon bavoir mais moi je dis rien. Moi aussi j’aime bien les légumes mais des fois, je préfère le bib’, le bib’ c’est mieux parce que je peux passer des heures à regarder maman dans les yeux. Elle adore ça…

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Une journée banale

Prague – 25 Mars 2014

Aujourd’hui c’est le grand jour.

Au petit matin, nous prenons le métro pour nous rendre à la gare de Prague. Nous ne sommes pas très bavards, pensifs… Sur le quai, il fait très froid, il y a un vent qui me cingle le visage, j’ai remonté ma capuche, j’attends le train. Les rails font un virage. Une journée banale pour des milliards de gens… pour nous c’est le tournant de notre vie, quel qu’il soit… Nous allons faire un aller-retour à Brno dans la journée, pour aller « chercher » nos 2 derniers embryons. Les fameux embryons qui étaient voués à l’échec, selon notre gynéco. « Puisque c’est votre dernière tentative, repartez pour un dernier cycle complet » m’avait-elle dit. J’avais réfléchi quelques minutes, des larmes dans les yeux, la gorge nouée par tant de lassitude. Puis je lui avais dit « non, c’est fini, on va les chercher et on arrête ».

Dans le train, nous sommes bien installés, nous avons une cabine pour nous deux, c’est confortable. On regarde un film avec François Cluzet, j’adore cet acteur. Le voyage passe vite et ça y est, nous sommes déjà à Brno. A la sortie de la gare, il est aux alentours de midi, une grande effervescence à la station de métro. Ca tranche avec le calme qui régnait dans la cabine. Quelques minutes plus tard on descend à la station la plus proche de la clinique puis on s’assoit sur un banc pour manger un sandwich. Le soleil nous réchauffe, il fait bon, on est bien sur ce banc, à deux pas de notre destin. Puis on se met en route pour la clinique. Arrivés à l’accueil on nous demande nos cartes d’identité, puis on nous envoie au bureau pour régler le transfert. Ca c’est fait. On est seuls dans la salle d’attente, on a rendez-vous à 14 heures.

Une jeune femme blonde, qui parle très mal français, vient nous chercher et nous conduit vers la salle de transfert. Je suis un peu fébrile. C’est l’illustre docteur « M » qui va faire le transfert. Je suis contente de le rencontrer, c’est lui qui a porté chance à certaines de mes anciennes copines de galère. Il parle très bien français, mais notre conversation sera de très courte durée car je n’ai pas le coeur à tailler la bavette. En fait, je suis pressée de repartir. Qu’on en finisse…

Il affiche sur le moniteur de contrôle une image des 2 embryons. Il nous fait part de sa satisfaction. « Je suis content » dit-il, les embryons ont bien supporté la dévitrification et sont « beaux » selon lui. J’esquisse un sourire de circonstance. Moi je ne suis pas contente. Je suis triste. Ce n’est pas la première fois que nous avons de « beaux embryons ». A chaque fois, on nous disait qu’ils étaient beaux… C’est notre dernière tentative, et dans mon coeur, tout est cassé, je n’aurai pas d’enfant.

Puis il me transfère les 2 embryons et je reste allongée une dizaine de minutes. Il y a de la musique mais je ne me souviens plus qui chante. Je me souviens que je n’ai pas quitté des yeux cet écran, avec l’image des 2 embryons.

Ensuite, on est repartis, aussi calmes qu’on était arrivés. Sur le quai de la gare de Brno, mon homme me dit, « c’est la dernière fois que nous venons ici ». Nous sommes nostalgiques. Il n’y a pas grand monde sur ce quai. J’ai un sentiment de solitude, de vide…

Dans notre cabine (on a de la chance, on est encore tranquilles peinards), on regarde un autre film : Train de nuit pour Lisbonne, un film touchant, plein de poésie. « Le drame d’une expérience qui détermine la vie est souvent d’une incroyable douceur… »

On est presque arrivés en gare de Prague. A la radio, il y a cette chanson « Happy » qui nous fait bien marrer, ça dépote, on chante à tue-tête.

C’était hier…

Quelque part en France – 25 Mars 2015

Ils sont allongés l’un à-côté de l’autre sur le tapis d’éveil que j’ai installé sur mon lit. Ils se regardent, se sourient. Gabriel est en train de raconter des choses passionnantes à son frère, je ne sais pas ce que c’est, mais il a l’air convaincu… « tu vois moi c’est pas trop les nounours que j aime bien, non moi c’que je kiffe, c est les éléphants qui font du vélo !!! ».   Il a l’air très heureux ! il essaie de lui prendre la main, Léo sourit et fait celui à qui on ne la raconte pas, lui c’est les lapins qui le font marrer. Puis il fait son timide, il a sommeil. Il ne quitte pas son frère des yeux.

Le docteur « M » avait raison… qu’est-ce qu’ils sont beaux !!!

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